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Lundi 4 décembre 2006
Edit du jour: Le journal Libération parles des élections malgaches:
http://www.liberation.fr/actualite/monde/221079.FR.php?rss=true



Dimanche 3 Décembre, les malgaches ont voté pour élire leur futur Président de la République.
L'état de la démocratie étant ce qu'elle est, certains redoutaient une journée mouvementée.
Visiblement, il n'en fût rien. Dans la très grande majorité des cas, le vote s'est passé dans le calme.
A priori, quelques soucis (d'organisation, volontaires?) ont empêché (comme pour chaque élection) certains d'aller voter (pas de carte d'électeur, et pas sur les listes), d'autres de trouver le bulletin de leur candidat dans le bureau de vote. Pour ce dernier cas, il importait aux candidats de fournir à une date précise les quelques 17 millions de bulletins, et certains, pris de court, ont dû distribuer les bulletins localement par leurs propres moyens. D'où les absences de bulletins dans certains bureaux de vote. Autre soucis, relevé à Toliara, certains bureaux de votes ont été montés dans la demeure des responsables de Fokontany... On imagine la pression psychologique que cela peut engendrer. Mais globalement, les gens ont pu voter dans le calme.
Les premiers résultats semblent donner Ravalomanana largement en tête, mais méfiance, les premiers résultats viennent majoritairement des bureaux de vote urbains (et de Tanà), alors que la majorité des votants habitent et votent hors des zones urbaines.
Sur la côte Est, Rolland Ratsiraka visiblement fait un bon score, y compris à Antsiranana. Son approche consensuelle, associée au nom Ratsiraka, a fait mouche, semble-t-il. Voilà un homme qui aura gagné au moins une aura nationale dans cette course électorale.

Pour la petite histoire, Pety Rakotoniaina à Fianarantsoa s'est encore fait remarquer en menaçant d'aller brûler le matériel de vote. Les forces de l'ordre ont empêché sont intervenus, et ont dû même forcer des barrages des partisans de Pety, qui faute d'avoir pu brûler les urnes, voulaient les intercepter. Il faut dire que visiblement, Pety Rakotoniaina s'est ramassé une belle gamelle obtiendrait un score très insatisfaisant dans sa propre circonscription. Nul n'est prophète en son pays...

Dans la liste des incidents, 3 urnes ont été dérobées à Toliara (encore un candidat déçu des résultats?), et Midi Madagasikara annonce un cocktail Molotov lancé à Toamasina, mais le corps de l'article ne reprend pas l'information... Le coktail a disparu?

Tous les candidats sont allés voter, bien sûr, sauf un, Daniel Rajakoba, qui par ailleurs fait partie de ceux qui contestent la légalité de cette élection. Candidat à une élection qu'il considère comme illégale, pour laquelle il ne va pas voter...  Pourquoi a-t-il dépensé autant d'argent en frais de campagne (caution, impression des bulletins, meetings, déplacements...) alors qu'il conteste l'organisation de l'élection, et ne va même pas voter? Il y a là une logique qui m'échappe.

On attend donc maintenant la "remontée" des PV de recette vers Tanà. Opération qui peut prendre un certain temps voire un temps certain. Enfin, la HCC pourra annoncer officiellement les résultats du premier tour. Au fil des jours, les décomptes seront publiés dans la presse, et l'on pourra se faire une idée des résultats finaux d'ici une semaine., probablement.

Je vois un enseignement majeur à cette journée électorale: Les malgaches désirent avant tout le calme et la stabilité. Pour preuve, l'extrême faiblesse des premiers résultats pour les candidats les plus virulents (Pety Rakotoniaina par exemple), la faiblesse des votes nuls et blancs, et visiblement le vote massif pour la continuité.  Comme je le disais plus haut, il semblerait que Rolland Ratsiraka tire convenablement son épingle du jeu, grâce à un discours modéré, qu'il a sû associer au nom de son oncle. Ce n'était pas gagné d'avance, on peut saluer la performance du maire de Toamasina. Nous verrons si le pouvoir en place lui laissera la possibilité de consolider cette nouvelle stature nationale ces prochains mois, où si des manoeuvres diverses le conduiront dans une impasse.
par Madagascan publié dans : Politique
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Samedi 2 décembre 2006
Samoela, le poil à gratter de la société malgache.
par Madagascan publié dans : Insolite
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Lundi 20 novembre 2006

Le calme est revenu à Ivato, et le général Fidy reste introuvable.

Un communiqué officiel a été diffusé dimanche, la version officielle est donc que les troupes régulières se sont vu opposer une certaine résistance avant de pouvoir pénétrer au sein de la BANI, alors que le général Fidy était déjà parti.

Pendant ce temps, le général Fidy continue a communiquer avec la presse, et fait savoir qu'il circule librement, malgré la traque. Il indique également que si la bataille a été perdue, la guerre n'est pas terminée, et que sa statégie est désormais différente. "On assiste actuellement à une ramification du mouvement dans les autres camps et dans les provinces" déclare-t-il.

Mais que c'est-il passé à Ivato exactement? D'après Madagascar Tribune, avant l'assaut des forces de l'EMO/NAT (Etat-Major Mixte Opérationnel au niveau national), un appel téléphonique a eu lieu entre le colonel de la base et les troupes loyalistes. Visiblement, le colonel de la BANI a opposé que le général Fidy n'était plus là, que son devoir est de protéger la base, et qu'il devrait tirer si les forces de l'EMO/Nat tentaient de pénêtrer. C'est exactement ce qu'il s'est passé.

Ce colonel se retranche donc derrière son devoir militaire, au détail près que l'opération de l'EMO/Nat était dirigée par le chef de l'Etat Major, le général Raonenantsoamampianina, son supérieur hiérarchique donc.

Quelques heures plus tard, le chef d’Etat-major général de l’armée malagasy, le général Raonenantsoamampianina a reçu samedi après-midi à son bureau à Andohalo trois colonels responsables à la BANI et du 1er RFI. On ne sait pas exactement ce qu'il s'est dit, mais il semblerait que les militaires mutins aient fait part de leurs récriminations. Ils ont visiblement menacé d'un embrasement général dans les casernes si le général Fidy était arrêté. Marc Ravalomanana aurait égalament contacté les mutins par téléphone et a également écouté leurs récriminations.

Le général Fidy a t-il réellement assez de cartes en mains, ou bien est-ce du bluff? A t-il la capacité à mobiliser dans les casernes? Il est à noter qu'il avait tenté de prendre le ministère de l'intérieur avant de se "replier" sur la BANI.

En tout état de cause, c'est un épisode bien regrettable dans la politique malgache. Il semblerait qu'aucun scrutin majeur ne puisse se dérouler sans heurts. Le rôle important de l'armée dans tous ces évènements démontre bien la faiblesse de la démocratie à Madagascar. Il est également très étonnant de voir qu'un général sans pouvoir puisse ne serait-ce que penser qu'il a la légitimité pour renverser par les armes le pouvoir en place. Le général Fidy devrait avoir assez de clairvoyance pour comprendre que sans un élan populaire et massif (comme en a bénéficié Marc Ravalomanana en 2001) ce type d'action est voué à l'échec. C'est faire bien peu de cas de la démocratie, du peuple que de vouloir imposer son pouvoir par la force si le peuple ne le demande pas.  


http://www.madagascar-tribune.com/index.php?JOURNAL=1062&ART=20687

 

par Madagascan publié dans : Politique
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Samedi 18 novembre 2006
Un billet rapide pour réagir sur la tentative de coup d'Etat perpétré par le général Randrianafidisoa, dit général Fidy.

Petit rappel de qui est le général Randrianafidisoa: Général d'armée, ancien dirigeant des réservistes (les mêmes qui ont largement prêté main forte à Marc Ravalomanana lors des évènements de 2001), puis à la tête de l'OMNIS (l’Office des Mines Nationales et des Industries Stratégiques) et président du Conseil d'Administration de la SECREN (Antsiranana)  après avoir été limogé de ses fonctions au sein de l'armée. Le Général Randrianafidisoa a récemment eu maille à partir avec le président du RPSD Vaovao (parti politique) Voninahitsy Jean Eugène.
Le général Randrianafidisoa a été largement montré du doigt au sujet de l'enquête  sur l’assassinat du Général Andrianaivo (suite aux affrontements entre fractions de l’armée à Fianarantsoa), en 2002, sur son lit d'hôpital. Il a également été montré du doigt dans une fumeuse affaire d'armes de guerre cachées à Fianarantsoa.
Le général Randrianafidisoa s'était présenté comme candidat aux élections présidentielles de 2006, à la surprise (presque) générale, mais sa candidature a été rejetée par la Haute Cour Constitutionnelle pour absence de quittance de versement de caution. Il s'était alors rallié à Pety Rakotoniainy, qui lui est toujours en lice.

Aux dernières nouvelles (glanées sur la blogosphère, sur les forums et les communiqués des agences de presse), il s'est retranché à la BANI (base militaire sur l'éroport d'Ivato) avec 300 hommes, et a pris en otage un cadre militaire de la base. Des échanges de tirs ont eu lieu, et il n'est pas clair s'il y a eu un mort, un blessé ou un mort et un blessé parmi les militaires "réguliers". Le président Ravalomanana, revenant de Bruxelles par un vol régulier, a atterri à Mahajanga, puis l'avion a rallié Antananarivo avec le reste des passagers.
Le général "Fidy" veut instaurer un directoire militaire. Et un gouvernement de transition qui aura pour tâche de s’atteler à la réconciliation nationale. Il préconise également la révision du code électoral et de la Constitution, ainsi que la "substitution" du Parlement par une Assemblée constituante. Dans cette optique, il a lancé un appel à ses frères d’armes pour l’épauler.
Son appel de ralliement des forces armées n'a visiblement pas eu beaucoup d'échos au sein de l'armée.

Le chef d'état-major de l'armée malgache, le général Raonenantsoamampianina a annoncé à Reuters samedi après-midi que la situation était revenue à la normale et que les mutins s'étaient enfuis. Le general Fidy lui affirme toujours tenir la BANI.

Je n'en sais pas plus. Il est toujours difficile de réagir à chaud. On peut toutefois se poser la question des motivations d'un général sans pouvoirs et sans troupes, ni même sans légitimité ou de prestige particulier au sein de la population et même de l'armée.  Homme blessé dans son orgueil, certainement, lui qui avant les évènements de 2001, était un militaire "de bureau", et qui a eu son heure de gloire en 2001 en menant les forces militaires pro Ravalomanana à Fianarantsoa.  Ses ambitions politiques ont eu raison de lui, éjecté de ses fonctions au sein de l'armée, puis éjecté de la direction de l'OMNIS, lui qui a été l'un des artisans de la victoire de Ravalomanana s'est senti désavoué par le pouvoir en place. Le rejet de sa candidature à la présidence a été le coup de grâce. Sera t-il traduit devant un tribunal militaire? Rien n'est moins sûr: Il y a eu visiblement des tractations cet après midi a Ivato, et alors que les forces régulières étaient en mesure de l'embarquer, il n'en a rien été. Cet homme, qui a été aux cotés de Ravalomanana durant la période la plus agitée a probablement dans sa manche quelques arguments de poids qui le protègeront efficacement de tout procès retentissant.
par Madagascan publié dans : Politique
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Vendredi 10 novembre 2006

Mise à jour du 4 Décembre 2006:

Dynatec a obtenu son permis environnemental de la part de l'ONE le 1 décembre. Un élément majeur dans la prise de décision de Dynatec concernant le démarrage effectif du projet.



Trois projets miniers sont en cours actuellement à Madagascar:

  1. Le projet Dynatec/Ambatovy, extraction de nickel et cobalt dans la région de Moramanga
  2. Le projet QIT Madagascar, extraction d'ilménite dans la région d'Anosy
  3. Le projet pétrolier, en particulier les forages de Madagascar Oil à Tsimiroro et Bemolanga

Le projet  d'Ambatovy réunit une société canadienne (Dynatec), une société coréenne (koreas) et une société japonaise (Sumimoto) pour mettre sur la table (avec l'aide de banques) 2,5 milliards. Non, pas de FMG. 2,5 milliards USD! A ce prix, ce sont quelques 60.000 tonnes de Nickel et 5.600 tonnes de Cobalt qui seront extraits chaque année sur un chantier de 800 hectares... 3000 emplois directs, 5000 emplois indirects, 125 cadres expatriés. Si le permis environnemental est délivré, Dynatec fait saliver l'Etat avec 53 millions de dollars de rentrées fiscales (pour un budget total de l'Etat de 600 millions de dollars), et un apport au PIB national de 100 millions de dollars... Une paille.  Pour l'instant, nous ne sommes que dans l'annonce, la décision d'investissement interviendra mi-2007.

Le projet QIT Madagascar rassemble la société Rio Tinto et l'Etat malgache (à 20%) dans un autre projet monstre.  750.000 tonnes d'ilménite seront extraites pendant 40 ans, ainsi qu'un peu de Zircon. Rio Tinto prévoit 585 millions de dollars d'investissement, le gouvernement malgache met 35 millions de dollars dans le pot. 15 km de routes sont en construction, un port multi-usage en eau profonde à Ehoala sur une superficie de 450 ha, une carrière de 150 ha et trois points de gisement sur 280 ha. On évalue à environ 600 emplis créés. Début des opérations: 1er trimestre 2008.

Le projet pétrolier, déjà traité sur un autre blog, est à la fois un peu moins bien ficelé et pourtant déjà plus opérationnel. Avec un tour de table de 25 millions de dollars, Madagascar Oil explore sur deux carreaux le sous-sol et a remonté du pétrole bitumeux. Nos amis de Madagascar Oil estiment les réserves à 2,5 milliards de barils d'huile lourde sur le premier gisement et à 3 milliards de tonnes de grès bitumeux sur le second. L'affaire semble relativement bancale risquée, puiqu'un consortium chinois a jetté l'éponge en juin 2006, ne donnant pas suite à la proposition de Madagascar Oil de rentrer dans l'affaire pour... 600 millions de dollars.
Une entrée en bourse a permis de lever 60 millions de dollars, qui sont allés directement rembourser les dettes de la société.
On estime les fonds nécessaires à l'exploitation à plusieurs centaines de millions de dollars . Au crédit de Madagascar Oil, société enregistrée dans le paradis fiscal des Bermudes, le géant canadien de l’énergie Nexen était en septembre 2006 en pourparlers avec Madagascar Oil. Le but étant de prendre 60% de la gigantesque réserve de bitume de Bemolanga. Si l'exploitation se confirme, l’Etat sera le premier bénéficiaire car il touchera entre 52 et 65% des bénéfices. En attendant, sa réserve de devise bénéficie des millions de dollars investis pour l’exploration.

Mais deux grandes questions persistent pour tous ces projets:

  1. Quelles retombées réelles pour l'économie du pays (quels dividendes reversées)
  2. Quelles conséquences écologiques et humaines auront ces grands chantiers

Les exemples de mauvaise gestion pullulent dans le monde, de l'Asie à l'Afrique en passant par l'Amérique Latine, avec leurs lots de catastrophes: naturelles (pollutions...), humaines (taux de mortalité sur les chantiers, maladies générées par les minéraux extraits...), voire politiques (guerres ethnico-religieuses pour le contrôle des richesses). Mais Madagascar peut-elle s'offrir le luxe de rejeter les centaines de millions de dollars que ces activités feront tomber dans les caisses de l'Etat, et donc, espérons le, dans l'assiette des malgaches?

par Madagascan publié dans : Economie communauté : Madagascar
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