Sous-titres indispensables

Publié le par Madagascan

A l’occasion de la journée de la francophonie, l’Alliance Française d’Antsiranana avait programmé l’intervention de Pierre Ernest Mbima, universitaire réunionnais, sur le thème « Le français branché koroko de Diégo ».

Lorsque j’avais vu cette information ici, je regrettais par avance de ne pas être sur place pour suivre cette conférence qui s'annonçait passionnante.

Pour ceux qui n’ont pas eu l’occasion de passer par Antsiranana ces dernières années, il leur aura peut-être échappé que la jeunesse locale prend un malin plaisir à jargonner dans sorte de français créolisé. Cet argot urbain se nomme koroko. Koroko désigne également le groupe, la bande. Le koroko étant composé de « barbeaux » (il y a quelques années, on aurait dit « loubard » en français de France).

Et surprise, Madagascar Tribune nous livre un compte-rendu de cette conférence! Avec de nombreux exemples de ce parler si caractéristique.

La jeunesse urbaine malgache est en train de s’inventer de nouvelles références, rarement locales, parfois françaises, souvent américaines. Cette jeunesse renouvèle les genres, principalement autour du tryptique de toute culture adolescente : sa façon de parler donc, et plus particulièrement dans le détournement de la langue (maternelle ou importée), ses goûts musicaux (il est tout à fait passionnant de voir naître une scène hip-hop / dancehall partout à Madagascar), ou bien sûr dans sa façon de s’habiller.

Certains s’inquiètent de cette jeunesse qui abandonne les traditions pour des codes sociaux importés. Qu’ils s’apaisent. Cette jeunesse, en baggy jeans et maillots d’équipes de basket US, ces jeunes qui baragouinent dans un langage codé, ces ados qui délaissent les rythmes traditionnels pour le phrasé hip-hop, ces jeunes gens sont malgaches avant tout. La culture est une notion mouvante et foncièrement évolutive.

Madagascar n’échappe pas à la mondialisation de l’économie et des cultures. La jeunesse intègre ces nouveaux facteurs, « naturellement », et absorbe, s’adapte, et finalement ne garde que ce qui lui convient. Voyons cette capacité d’adaptation comme une opportunité.

Publié dans Culture

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Tattum 20/04/2007 23:25

Sympa le nouveau look - et rallié ;) - ainsi que de belles photos. :)