Ca déchire à Ivato!

Publié le par Madagascan

Une information fondamentale dans Les Nouvelles aujourd'hui:

Un «vazaha» interpellé pour avoir déchiré des billets de banque 

Un ressortissant britannique a été présenté devant le substitut du procureur auprès du tribunal d’Anosy hier pour avoir délibérément déchiré des billets de banque d’un montant de 6.800 ariary. 

 
Pour faire simple, à l'aéroport, en zone internationale (salle d'embarquement), le rosbif n'a pas apprécié de ne pas pouvoir payer sa THB en ariary, s'est enervé, et à bout de nerfs, à déchiré 6800 Ar.  Il ne faut pas énerver un anglais quand il veut sa bière!
Bon, j'improvise un peu, parce qu'en vérité, on ne sait pas ce qu'il voulait acheter avec ses 6.800 ariary.

Puisqu'il ne pouvait pas dépenser ses ariary, ne lui est-il pas venu à l'idée de les laisser à l'employé?

Cela me fait penser à mon dernier passage dans cette superbe salle d'embarquement d'Ivato. J'arrivai de Nosy Be avec Corsair pour repartir sur Paris. Donc, deux heures de stop, le temps de donner à boire au Boeing, de lui faire une petite toilette, et d'embarquer tout le monde, nosy-béens et tananariviens, ensiemme.

Je débarque donc de l'avion. Et là, une file d'attente se forme sur le tarmac, le temps que les agents distribuent des cartes de transit. Brrrr, ca caille à Tanà fin juillet le matin! Après 20 minutes d'attente, muni de mon pass plastifié, j'entre enfin dans la salle d'embarquement. 
Ca tombe bien, j'ai une envie pressante. Je me dirige vers le sous-sol (pourquoi les toilettes sont toujours au sous-sol dans les aéroports??), aie, je suis pas seul à avoir pensé à la pause-pipi. Bon, hors de question de former une file d'attente dans l'escalier qui mène aux pipi-rooms.
Demi-tour, faisons du lèche-vitrines. Et là, il faut bien l'avouer, c'est un peu la misère. A plus de dix heures du matin, la boutique de marroquinerie est fermée. Bon... OK, mon médecin en France m'a demandé de lui ramener une cartouche de Marlboro (bah oui, j'ai un médecin qui passe commande de clopes à ses patients voyageurs!), je claque donc 21 euros pour mon cher médecin. 21 euros pour des tiges à cancer, je ne comprendrai jamais. Mais bon, que ne faut-il pas faire pour entretenir de bonnes relations avec une personne qui tient votre vie entre ses mains :-)
La fièvre acheteuse s'étant déclarée en moi, je repense soudainement que ma bouteille de Dior Homme est presque vide. Chouette, alors, direction la parfumerie. Et là, déception, ils n'ont pas mon parfum préféré. Le choix de la boutique est plus que limité. La vendeuse essaye bien de me refiler un truc qui cocote, mais non merci.
L'envie pressante étant toujours là, je vérifie d'un coup d'oeil si la voie est libre. Cool, plus personne. Je descend donc, et je salue la dame-pipi d'un sympathique "manahoana" qui me répond "salama". Mince, moi qui fait l'effort de prendre (ce que je crois être) mon meilleur accent tananarivien pour saluer la technicienne de surface, voilà-t-y pas qu'elle est betsileo ou je ne sais quoi. Tant pis, je l'aurai au moins courtoisement salué (contrairement aux autres personnes visiblement trop pressées pour décrocher un bonjour à la brave dame qui fait quand même un des métiers les moins sympas de la planète). Au retour, *gling!* 30 centimes d'euro dans sa coupelle. Je note lmentalement les petites pièces dans a coupelle. Mince, rapporté au salaire malgache cette dame-pipi s'en sort plutôt bien!
De retour dans la salle d'embarquement, il me reste encore plus d'un heure à tuer.  Puisque ma vessie est désormais vide, je m'en vais la remplir illico en allant prendre un coca au bar. Là, stupeur, 2 euros le coca PM!!!  Damned, je me suis endormi sans m'en appercevoir, et je suis déjà à Paris! Mais non, le zézaiement du barman ne fait aucun doute, nous sommes bien à Madagascar. Va pour deux euros. Ca tombe bien, quelques jours auparavant, des gamins  m'avaient refilé des euros en pièce contre de beaux billets en Ariary.
Les besoins primaires étant assouvis, je peux me concentrer sur mes besoins secondaires. Ohhhh, un stand Teknet, et un magnifique autocollant wi-fi. Cool. Ni une ni deux, je dégaine mon ordinateur portable (oui, je pars en vacances à Madagascar avec mon laptop, et alors? :-) ), trop heureux d'aller vérifier mes emails, checker la fréquentation du blog... Beuarf... Je vois bien le signal wi-fi, mais impossible de s'y connecter.
Je me résoud donc à aller voir la jeune fille qui tient la boutique Teknet. Ah oui, le wi-fi, c'est pas encore installé. Mentalement, je me demande à quoi ca sert de mettre un énorme sticker wi-fi sur la vitrine alors. Mais je fais bonne figure, je ne m'énerve pas, nous sommes à Madagascar, fihavanana! zen!
Je lui demande alors si je peux brancher mon laptop sur l'une des prises réseau du mini cyber café. Oui c'est possible. Je branche, mais pas de connectivité. Evidemment, il faut une configuration spéciale (j'imagine un proxy). Elle me propose de changer ma config, mais je la sens moyennement confiante. Halte là! Revenons aux basiques, au maîtrisé, j'achète quelque minutes d'accès sur le PC prévu à cet effet. Là forcément, ca marche mieux.
Je surfe donc en high-speed version mora-mora. Enfin, c'est toujours mieux qu'à Nosy Be au bar Nandipo où j'ai mis 15 minutes montre en mains pour afficher mon webmail free. Bref, je surfe, mais je remarque qu'il vaut mieux maitriser les sites sur lesquels on va surfer, parce que les gens ont un peu tendance à regarder ce que vous faites. A ce qu'ils sont curieux ces malgaches!! L'intimité, vous savez ce que c'est?? Mais bon, rien à me reprocher. Mails perso et boulot, stats du blog, compte en banque, sites d'infos, rien de rédhibitoire. Pas de photos comprométantes, pas de site anti-ravalomanana, safe, quoi.
OK, terminé, je paie mon dû à la demoiselle. Il me reste environ 20 minutes à tuer. J'avais repéré le stand des chocolats Robert, et là, je craque. J'achète une petite barquette de chocolats, je me dis que cela complètera le (mauvais) repas qui m'attend dans l'avion. Malheur, que n'ai-je fait? Ces chocolats m'ont rendu malade comme un chien! Robert, si je te tiens, je te fais bouffer le reste de ta boite de chocolat par les trous du nez!  Robert n'est plus mon ami.

Tout cela pour dire que ce pauvre anglais, je le comprend. Cette salle d'attente est tout de même un peu glauque. A la base, une salle d'attente d'aéroport, c'est glauque, on se sent un peu comme dans un poulailler industriel. Un peu comme ca:

Dans un lieu comme ca, il y a de quoi peter les plombs. Mais déchirer des billets (même si cela représente quelques livres sterling seulement), c'est tout de même un geste provocant. Se serait-il permis de déchirer un billet anglais? Pas certain.

Publié dans Insolite

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Xavier LAIR (mademada) 28/10/2008 14:03

J'ai adoré ton billet.Cela faisait lontemps que je n'étais pas venu te voir.Un bon moment.Merci.Quand on me parle de sans fil, j'ai tendance à dire ...le jour où il n'y aura plus d'électricité... car les câbles il y en a toujours pleins, sauf à avoir des batteries bétonées.A Mada, tu coupes l'électricité, tu es en sans fil...C'était qu'une mauvaise blague car il y a plein de choses qui marchent malgré tout.

Madagascan 28/11/2008 10:31


Oui, Madagascar est sur le point d'accéder enfin au haut débit avec le câble Lion qui va relier la Grande Ile à la petite (La Réunion). Mais du haut débit sans électricité, cela ne fera pas avancer
grand chose.