Nosy Be - Ravalomanana monte au créneau

Publié le par Madagascan

Le Président Ravalomanana a passé son week-end à Nosy Be. Pas exactement en touriste, puisqu'il avait son petit lot d'inaugurations et autres discours pour occuper utilement son déplacement.

 

Nous passerons sur l'inauguration de l'église FJKM de Dzamandzar, dont le président à honoré de sa présence.  Nous passerons également rapidement sur l'inauguration d'un nombre d'infrastructures publiques. J'espère que le Président aura apprécié la débauche de panneaux indicateurs à Hell-Ville. Après tout, avec un financement des travaux à 80% par la Communauté Européenne, ces sens interdits et autres stops sont un peu les miens également.

 

Il ne reste plus qu'aux nosy-béens à apprendre la signification des panneaux (à ce propos, j'en profite pour féliciter publiquement ma belle-sœur qui a récemment et brillamment passé l'examen du code de la route à Nosy Be précisément, et qui ne connait toujours pas la signification d'un certain nombre de ces panneaux indicateurs qui pullulent sur les trottoirs de Hell-Ville).

 

Non, tout cela n'est que peccadilles. Le Président a eu droit à des salves d'applaudissements lorsqu'il s'est énervé sur la persistance du délestage à Nosy Be (pouvons nous toujours parler de délestage quand on ne compte plus en heures de coupure, mais en heures de fourniture ?). Le Président s'en est directement pris à la direction de la Jirama, en particulier au DG allemand Bernhard Rohman. Cet homme, qui malgré toutes les difficultés, est en passe d'arriver à redresser la Jirama, serait le mal absolu ? Allons donc. Il y a quelques mois, j'expliquais ici pourquoi les délestages persistaient à Nosy Be. Bernhard Rohman n'est certainement pas au courant des trafics en tout genre auxquels se livrent les employés de la Jirama. De la revente illégale de gas-oil, en passant par le détournement des huiles destinées à l'entretien des motrices, sans parler de la disparition des câbles électriques, la revente illégale de branchements au réseau d'eau... Evidemment, en bon populiste qui se respecte, c'est tellement facile d'invectiver contre la lointaine direction, plutôt que s'en prendre aux employés locaux.

Parait-il que les causes du délestage encore plus intensif de ces dernières semaines serait dû à la maintenance d'une des génératrices principales. Un groupe d'appoint serait en cours de route, et surtout, surtout, une nouvelle centrale électrique est en cours de construction. Effectivement, des travaux ont débuté en septembre, du coté de « Diego-Hely » (sur la route d'Andilana, juste après le débranchement vers Ambatoloaka). La fin des délestages pour Nosy Be, d'ici un ou deux ans ?

 

Autre annonce présidentielle, la traque de Patrick le seychellois. Selon Madagascar Tribune dans son édition en ligne d'hier, « La capture de ce Seychellois sera une priorité » dixit le Président Marc Ravalomanana. Et dans la foulée, le Chef de l'Etat a promis de régler le problème de l'insécurité à l'île de Nosy Be. Il demande la coopération de la population locale.

 

Pour rappel, Patrick le Seychellois, beau-fils du Président du Fokontany d'Ambatoloaka, est un revendeur notoire de cannabis, qui a, lors d'une tentative d'interpellation, blessé par balles deux policiers, dont un mortellement. Parfaitement intégré à la population locale, il peut (pouvait ?) compter sur le soutien de nombreuses connaissances, en premier lieu au sein de la jeunesse nosy-béenne et autres rastas. Aux dernières nouvelles, il serait toujours sur l'île, dans un état de grande nervosité. La police ayant promis 2 millions Ariary à qui le dénoncerait, Patrick verrait dans chaque personne croisée un délateur potentiel. Roy Patrick Brioche, de son vrai nom, serait également en délicatesse avec la justice seychelloise, ce qui lui ferme de facto une éventuelle porte de sortie vers sa terre natale.

 

Ont peut imaginer qu'avec l'intervention présidentielle, les soutiens de Patrick le seychellois ne le soutiennent plus longtemps.  Le président du Fokontany d'Ambatoloaka devra certainement s'expliquer sur cet encombrant membre de sa famille, même si comme on le dit souvent, « on choisit ses amis, on ne choisit pas sa famille ».

Publié dans Société

Commenter cet article