Tourisme sexuel à Madagascar : La fin de l’impunité

Publié le par Madagascan

Nous l'avons vu récemment, le gouvernement commence à réagir contre le tourisme sexuel.  Une émission de TF1 sur le sujet a été déprogrammée à la dernière minute, et comme par hasard, la veille, le Président a demandé la plus grande fermeté concernant les touristes sexuels.

 

Les actions ne se sont pas fait attendre, et des arrestations ont eu lieu quasiment instantanément à Nosy Be.  Ainsi, un jeune homme en vacances s'est-il fait arrêter et attend désormais en détention provisoire son procès prévu le 27 janvier.

 

Son erreur ? D'avoir eu des rapports sexuels contre rémunération ou avantages avec une jeune femme. Et accessoirement d'avoir très mal choisi sa copine, puisque c'est elle-même qui l'a dénoncé à la police pour « exploitation sexuelle ».

Ce qui pouvait lui paraître être une simple « aventure de vacances » se transforme alors en calvaire.

En effet, la loi 2007-038 du 14 Janvier 2008 proscrit désormais le tourisme sexuel. Le tourisme sexuel y est décrit dans des termes très larges :

 

« Le tourisme sexuel  désigne le fait pour un national ou un étranger de voyager , pour quelques motif que se soit et, d'avoir des relations sexuelles contre rémunération financières ou autres avantages avec des enfants ou des prostitués, cherchant eux même des relations sexuelles pour obtenir un avantage quelconques. »

 

Il est à noter que la notion de prostitution n'est pas définie par la loi. Cependant, on comprend bien que faire bénéficier une personne d'avantages divers ou de rémunération financière contre des relations sexuelles est le fait fondateur du délit.  

Ce qui est intéressant, c'est que ce délit concerne uniquement les voyageurs.

Ainsi, faire bénéficier sa voisine d'avantages divers ou de rémunération financière contre des relations sexuelles ne vous exposera pas à une poursuite. Et c'est heureux, car les relations amoureuses commencent souvent par une phase où l'homme « investit » dans la relation naissante (cadeaux, invitations au restaurant...) .

 

Ce jeune homme risque tout de même, selon la loi, 5 à 10 ans de prison (et accessoirement une amende de 4.000.000 Ar à 20.000.000 Ar, soit d'environ 1.500 à 8.000 euros !).

 

Je n'ai pas d'informations concernant une éventuelle poursuite de l'hôtelier qui aurait hébergé les ébats des deux amants. Pourtant, celui-ci, toujours au regard de cette loi, risque gros également.

 

Quiconque, sachant pertinemment l'existence de proxénétisme, d'exploitation sexuelle ou de tourisme sexuel, n'aura pas dénoncé ou signalé les faits aux autorités compétentes, conformément aux dispositions des articles 69 et 70 de la loi N°2007-023 du 20 aout 2007 sur les droit et la protection des enfants, est considéré comme complice.

 

La notion de proxénétisme, même non nommée comme telle, est également prévue. Attention aux hôteliers et gérants de bars dont le personnel aurait tendance à draguer les clients.

 

Quiconque embauche, entraine ou détourne en vue de la prostitution, une personne même consentante est punie  de la peine de deux (02) à cinq (05) ans et d'une amende de 1 000 000 Ar à 10 000 000 Ar

 

Il faut répéter, sans cesse, que l'immense gouffre qui sépare le niveau de richesse du touriste et le niveau de pauvreté du malgache implique pour le touriste un certain nombre de responsabilités.  L'une des responsabilités majeures du touriste est d'éviter autant que possible l'exploitation de la population locale.

 

Jusqu'à présent, cette responsabilité du touriste avait une forte connotation moralisante, en particulier concernant les relations sexuelles, et nombreux étaient ceux qui s'opposaient à cette morale, arguant que deux adultes consentants peuvent bien faire ce qu'ils veulent.

On notera au passage que le consentement des deux adultes pourrait être discuté (du fait du décalage économique), mais là encore, nombreux ceux qui arguent du fait que les jeunes femmes se prostituent librement, certains avançant jusqu'à l'argument « culturel » de la généralisation de relations intéressées entre les deux sexes, y compris entre malgaches.

 

Il est tout de même intéressant de noter que la plupart de ces touristes n'iraient jamais voir une prostituée dans leur pays d'origine. Mais à Madagascar, où la prostitution est plus « légère » (une fille vous drague dans un bar, se révèle d'une très grande ouverture d'esprit, vous trouve incroyablement beau, intéressant, et amusant, et au bout d'une nuit torride, vous demande des petits cadeaux), cela deviendrait acceptable.

 

La conclusion de tout ceci est que désormais, les touristes se rendant à Madagascar devront se faire à l'idée qu'il n'est pas « innocent », « sans conséquence » d'avoir une ou des relations sexuelles avec des rencontres de passage.

Ce qui était jusqu'à présent de l'ordre de la responsabilité morale individuelle, est devenu une responsabilité légale.

 

Si ces lois sont réellement appliquées, il est indéniable que des changements importants devront s'opérer dans les zones touristiques.

 

On peut imaginer qu'un certain nombre de filles repartent dans leurs régions d'origines, mais certaines resterons sur place. Elles devront donc trouver une nouvelle activité pour subvenir à leurs besoins. Besoins d'autant plus importants qu'elles ont été habituées à un train de vie supérieur à celui de la majorité des malgaches. C'est un véritable problème social, que visiblement les politiques ne souhaitent pas réellement prendre en compte.

 

Par ricochet, il est envisageable que le commerce général en ressente également les effets. Aucune étude sérieuse n'a jamais été menée sur l'activité économique engendrée par le tourisme sexuel, mais il est indéniable que les filles font travailler le commerce. Moins de rentrées d'argent, moins de dépenses. Pas seulement pour les boutiques de vêtements, bars, restaurants et hôtels, mais également les banques, opérateurs téléphoniques, matériaux de construction (incroyable le nombre de villas construites par des makorely)...

 

Il est également possible que la fréquentation touristique, dans un premier temps en tout cas, baisse, car ceux qui se rendaient spécifiquement à Madagascar pour le tourisme sexuel iront alors sous des cieux plus « favorables ».  Cependant, il est absolument certain qu'une moralisation du tourisme à Madagascar génèrera, à moyen et long terme, un afflux de nouveaux touristes.

 

Il est intéressant d'entendre les récriminations de certains tenanciers d'hôtels, restaurants, bars, qui parlent de chasse au touriste et de persécution des résidents. Ils n'ont pas compris. Ils n'ont pas compris que, si pendant des années, ils ont pu s'asseoir sur leurs responsabilités morales au profit de leur chiffre d'affaires à court terme, les règles du jeu ont désormais changé, et qu'ils sont maintenant responsables du point de vue de la loi, qu'ils devront modifier leur façon d'aborder leur business à Madagascar. Les plus intelligents survivront, les autres disparaitront.

Publié dans Société

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maxime 13/03/2015 07:00

Dans ce cas il faut aussi se méfier des site de rencontre malgache. Après tout, on va finir par aller sur place pour rencontrer l’élue de son cœur et sortir avec elle au restaurant/plage/disco et on risque de se faire arrêter par la police et finir quelques années dans une prison du tiers-monde.Oubliez Madagascar, il vaut mieux chercher ailleurs l’élue de son cœur. A l'ile Maurice on parle aussi le francais, les femmes sont jolies et plein de charme.

Bruno Lancrenon 16/06/2011 15:50



J'étais à Diégo lors d'un voyage de la Jeanne, le Pacha a envoyé ses officiers chercher des sous à la banque locale pour donner des espéces à ses marins en permission de quelques jours, ils ont
retiré 750 000 000 de Fmg pour 600 personnes environ, donc la protistution entretenait bien l'économie locale,il fallait voir le nombre de jeunes filles éplorées quand la Jeanne est
partie, laissant Diégo sans bierre THB et sans Coca, tout ayant été bu.



michka79 14/11/2009 13:09


Moi je trouve ça très bien qu'en 2008, le président Ravalomanana ait enfin fait voté une loi sanctionnant ces comportements néo-esclavagistes et hautement pervers et corrupteurs dans notre
pays.
cette loi éloignera les touristes? tant mieux, puissent-ils ne rester que ceux les voyageurs.
Dommage que la crise politique majeure actuelle ne permet pas de travailler dans la durée sur les conséquences d'une telle loi: ne serait-il pas temps de former ces jeunes femmes et hommes -puisque
de nombreux hommes comptent sur leurs femmes/soeurs/amantes/filles, pour ramener l'argent qui les fera vivre de cette manière- afin qu'ils puissent gagner dignement leurs vies, au lieu d'attendre
le bon vouloir d'un vazaha qui aura quelques euros à dépenser et à espérer que le même vazaha finisse par les épouser et les soustraire à leur misère économique, sociale et financière?
Sommes nous devenus une ère de loisirs pour étrangers en mal de sensations? sommes nous donc des singes, ne vivant que pour le bon plaisir de ces nouveaux colonialistes? nos enfants n'ont-ils donc
d'autrs avenir que celui de se prostituer à des tarifs très bas à des vieux schnocks ventripotents?
mon pays mérite mieux.


cmartel 07/01/2009 17:01

mister popol pourrait il avoir l amabilité de preciser cette histoire de légalisation de photocopie de passeport uniquement au ministere??lors du dernier voyage j avais fait légaliser dans un commissariat sans pbvoyage anterieur legalisation dans une mairie : un ripoux en uniforme me dit c est pas valable J ai sorti le passeport d une autre poche et il est resté tout penaudl annone rencontre  c est par derision apres avoir lu le journal "réunyyyonnais " .... je prefere encore la cigue

cmartel 07/01/2009 08:00

si c est comme cela je prends les "annonces rencontre"tiens en voila une interessanteJF 40 ans ayant beaucoup souffert ,3 enfants ch homme situation stable , aimant les enfants , non fumeur non buveur pour vie de couple epanouieça me tente vraiment  mais ...  si je dis que j aime les enfants ça peut me retomber dessus

Madagascan 07/01/2009 15:25


Ca peut vous retomber dessus même sans enfant si vous tombez sur une personne qui, après que vous ayez passé un peu de temps avec (et dépensé un peu d'argent), porte plainte à la police pour
tourisme sexuel.
Ainsi est faite la loi malgache. C'est l'une des plus sévères en la matière, puisque la plupart des autres pays se limitent à punir l'exploitation sexuelle des mineurs.