Et la politique dans tout ca ?

Publié le par Madagascan

Les accords de Maputo ont été signés, et l’ensemble de la classe politique malgache prépare fébrilement le second rendez-vous, Maputo II, qui devrait donner les premiers noms des premiers gagnants de la transition inclusive et démocratique made in Mozambique.

 

Bref, le mercato politique joue à plein. Certains montrent leurs muscles, menacent, d’autres font marcher leur réseau, la jouent consensuel, en espérant décrocher l’agrément de tous.

 

C’est une période bien étrange pour un observateur comme moi, qui continue à apprendre, jour après jour, les réalités de ce pays. Je m’explique.

 

Je pensais par exemple que les Pro-Ravalomanana allaient plus pinailler sur le fait que le principe de transition soit entériné, avec un modèle d'organisation tout de même très proche de ce que proposait la HAT initialement. Erreur de jugement de ma part. Je comprends mieux désormais pourquoi, au lendemain de la signature, ils disaient que les accords leur étaient favorables. En vérité, le principe de transition, ca ne les dérange pas plus que cela, ce qui les dérange, c'est le procès de Ravalomanana et le démembrement de Tiko, la pompe à Ariary du Tim. Maputo est venu apporter des solutions à ces deux problèmes.

 

En fait, ceux qui râlent le plus fort des accords de Maputo sont dans le camp Rajoelina. Tout simplement parce qu’ils redoutent de perdre leurs prérogatives, dont certains ont largement usé et abusé ces derniers mois (ils savaient leur temps compté, il faut faire vite, et dans la précipitation, on n’a pas toujours le temps de faire dans la discrétion).

D’ailleurs, qui ont été les premiers à râler? Les militaires, « étrangement ». De toute façon, ce n’est pas bien compliqué, il suffit de prendre la presse malgache, et de dénombrer les plus virulents pour dresser la carte de ceux qui ont le plus à perdre. Généralement des seconds couteaux, dont les compétences ne sont pas indispensables. Les plus rusés font malgré tout profil bas, en espérant pouvoir pérenniser leur poste dans la nouvelle transition.

 

Finalement, on se rend compte que l'aspect politique importe peu, c'est l'homme providentiel (celui qui finance et qui distribue les seza) qui compte. Quel que soit le camp.

 

Et la politique (la vraie, l'action publique) dans tout cela? Il n'y a que quelques imbéciles qui y pensent.

 

Tous les hommes politiques malgaches sont en train de démontrer (s'il fallait encore démontrer quelque chose), qu'à Madagascar, la politique n'est qu'un business comme un autre.

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Mia 19/08/2009 09:40

C'est vraiment triste que la politique ne soit qu'un business alors qu'à la base c'est tout de même une science noble qui doit permettre de régir la vie en société tout en donnant les moyens de conduire au bien être de la population ... Mais l'Histoire de Madagascar n'a pas cessé de montrer que pour s'enrichir vite il faut se lancer dans la politique ! J'ai l'impression qu'au départ les intentions sont toujours bonnes mais qu'une fois sur place, on se laisse bouffer ... Je me souviens quand Ra8 est devenu président en 2002, j'étais pleine d'espoir. J'avais vu qu'il avait changé Tana, je me disais qu'il aurait une approche plus dynamique ! Et c'était vrai ! et puis au fur et à mesure, j'ai très vite déchanté ! Je ne vais pas faire la liste ici, ce n'est pas à propos mais même s'il a "poussé" la croissance, il en a surtout bien profité !Beaucoup de personnes "bien" ont peur de se lancer dans la politique de peur d'être perverties ! Et pourtant on a besoin de ces personnes "bien" ! Et le pire je dirai que quand quelqu'un essaie de faire qqch de bien, j'hallucine devant toute l'énergie déployée pour le faire tomber !

dédémada 17/08/2009 19:06

Tout a fait d'accord sur cette analyse de la situation.
Ravalomanana a été destitué par un mouvement de rue et à la faveur d’une défection des militaires, suite à une série d’abus, d’erreurs politiques, à sa main mise arrogante sur le secteur économique et à son incapacité profonde à comprendre les réalités populaires, qui l’avaient pourtant porté au pouvoir en son temps.
Reste la tâche difficile de rassembler le peuple Malgache sur des objectifs politiques audacieux tels que le partage des richesses pour vaincre la pauvreté, supression de la coruption, élections réellement démocratiques, liberté de la presse.
Dans la conjoncture actuelle on peut garder l'espoir que demain, tout sera différent d'aujourd'hui.