Rajoelina et les Karana

Publié le par Madagascan

On prête de nombreux soutiens à Andry Rajoelina. La France, la Lybie, le CAPSAT… Sans eux, Rajoelina n’aurait jamais pu prendre le pouvoir.

Mais Andry Rajoelina dispose d’autres soutiens, plus discrets, mais pas forcément moins efficaces.

  • La famille Ramaroson, tout d’abord, qui ne se cache d’autant moins que Nadine a hérité d’un ministère HAT. Alain (son frère), lui, profiterait de ses entrées à la HAT (et d’hommes armés) pour faire la pluie et le beau temps à Antananarivo. André lui, profite que les Magro soient hors d’état de nuire pour redonner un souffle à la Savonnerie tropicale.
  • Edgar Razafindravahy, ensuite. Forcé de quitter Madagascar pour l’Île Maurice face aux pressions de Marc Ravalomanana, le PDG du groupe PREY (SITRAM, L’Express de Madagascar, Hebdo Mada, Ao Raha, MadaJournal, Radio Ny Antsiva, Radio Tana, RTA, Mouf’Rey, Kobama… 13 sociétés en tout), il revient en force comme PDS de la commune d’Antananarivo.

Au-delà de ces familles « emblématiques » malgaches, certaines personnalités indo-pakistanaises gravitent également autour d’Andry Rajoelina.

  • Azad Hiridjee, revenu à Madagascar grâce à une levée d’interdiction du territoire donnée par Ravalomanana en aout 2008, a bénéficié dans un premier temps, par l’entremise de Benja Razafimahaleo, ministre des finances dans le gouvernement Roindefo I, d’un soutien d’Andry Rajoelina pour récupérer ses parts dans Galana face à Iqbal Rahim. Soutien peu solide, puisque Rajoelina aurait finalement demandé à sa ministre de la justice, Christine Razanamahasoa, que les plaignants dans l’affaire Galana Raffinerie et Galana Distribution soient déboutés. Chose faite, puisque la justice a prononcé la relaxe pour tout le monde.
  • Ylias Akbaraly, PDG de SIPROMAD, groupe multiforme dans l’industrie de transformation, la pharmaceutique, la distribution, l’immobilier, l’aviation d’affaire… Andry Rajoelina a récemment emprunté le Cessna Citation Bravo de GS Aviation (groupe SIPROMAD) pour aller à Nosy Be le week-end du 12-13 septembre, alors que la plateforme de l’opposition l’attendait au palais de verre à Anosy… Ylias a également favorisé les contacts entre Andry Rajoelina et le prince saoudien Al-Waleed pour la visite de ce dernier à Antananarivo.
  • Hassanein Hiridjee dirigeant de sociétés (DTS, First Immo, Ocean Trade…) a le soutien d’Augustin Andriamananoro, ministre HAT des Télécoms contre Orange pour garder le monopole de l’utilisation du backbone national en fibres optiques. Orange, qui a investi 100 millions d’euros pour tirer un câble sous-marin depuis la Réunion, espérait pouvoir déployer son haut débit au travers du backbone national.
  • A noter que, toujours dans la famille Hiridjee, Loumia Hiridjee (fondatrice de la marque de lingerie française Princesse Tam-Tam) avait soutenu Nicolas Sarkozy dans sa course à la présidence. Loumia Hiridjee, décédée avec son époux Mourad Amarsy à Mumbai, lors de l’attentat contre l’hotel Oberoi Trident le 26 novembre 2008.

La liste est non exhaustive.

 

Ravalomanana n’a jamais réellement pris en considération ces familles. Il n’a pas accéléré les demandes de naturalisation de ces familles Karana, présentes sur le sol malgache depuis plus d’un siècle, et à qui l’on refuse toujours la nationalité malgache. Il n’a pas fait grand-chose pour juguler les enlèvements de Karana (dont la famille Hiridjee a été victime au moins en 2003). Malgré ses déclarations, il n’y a jamais eu de ministre Karana. Et dernièrement, il a mis un certain nombre de bâtons dans les roues des producteurs de crevettes, production qui fait pourtant la fierté de Madagascar, tant elle est devenue un modèle à la fois de bonnes pratiques environnementales, et de recherche de l’excellence du produit (récompensé entres autres par la première appellation AOC pour des produits halieutiques en France, mais aussi par divers prix internationaux).


Même si ces familles ont toujours fait en sorte d’entretenir de bons rapports avec tous les dirigeants de ce pays, il ne fait aucun doute qu’un certain nombre d’entre eux aient été déçus par Marc Ravalomanana, ne serait-ce que par son appétit économique, qui a menacé certains domaines d’activités de ces grandes familles indo-pakistanaises.

Publié dans Economie

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mitiyu 04/11/2009 16:19


Je pense que la plupart des communautés indo-pakistanaises se sont toujours arrangées pour approcher les dirigeants en place pour mieux continuer leurs affaires, et ce toutes républiques
confondues...

Elles ne sont pas les seules car beaucoup d'entrepreneurs essaient tant bien que mal d'avoir leur place au soleil pour mieux protéger leurs activités. 

Je suis curieux de connaître vos sources. 


achille52 06/10/2009 18:08


Wouahh, des noms, j'espère que les sources sont fiables. Il y a quelques mois, j'avais écrit sur le même sujet, mais en restant vague, mais comme il y avait ma vraie photo sur mon blog. Certains
m'ont reconnus, et leurs commentaires n'étaient pas du tout amicaux. C'est pourquoi, j'utilise toujours un avatar et un pseudo.

Cette histoire m'a fait comprendre que tu peut dire tout ce que tu veux des politiciens, mais parler de lutte d'influence et de corruption, notamment pour le contrôle d'un pays est plus
dangereux.

Take Care, friend !!