Période électorale ouverte

Publié le par Madagascan

Décidemment , les périodes électorales à Madagascar amènent toujours leurs lots de surprises!

Non, je ne parlerai pas des 18 candidats déclarés, ni du "suspense" concernant le nombre de prétendants qui seront retoqués pour cause de critères non remplis (les choses sont bien faites tout de même, puisque la loi électorale impose au candidat de produire un certificat de résidence, rendant toute candidature de la diaspora potentiellement nulle).

Je ne parlerai pas non plus de ceux qui s'étaient déclarés candidats mais qui n'ont pas déposé de dossier (Ninie Doniah par exemple).

Non, je préfère parler d'un scandale, encore un, illustration parfaite de l'Etat de la politique malgache.
Ceux qui suivent l'actualité auront peut être deviné que je veux parler de l'agent secret démasqué au sein même de la villa "Elisabeth", demeure du professeur Zafy Albert, ancien Président, membre influent de l'opposition.
La "fine fleur" de l'opposition était regroupée en ce lieu suite à l'arrivée annulée de Pierrot Rajaonarivelo à l'aéroport d'Ivato.  La villa etait une sorte de base arrière ou de lieu de rassemblement, et les membres de l'AREMA s'apprêtaient à repartir dans leurs provinces respectives. Evidemment, la presse était présente, et parmis la foule, 4 individus se sont fait remarquer par leurs agissements étranges. Visibilement, ils prenaient des photos, non pas avec un appareil photographique, mais avec un téléphone portable. Les éléments de la sécurité de la villa voulant les interroger, les 4 lascars prennent leurs jambes à leur cou. L'un d'entre eux n'avait visiblement pas les jambes assez agiles puisqu'il a été intercepté, interrogé, fouillé, lui ainsi que son véhicule.

Et là, c'est l'avalanche de détails incroyables: Membre du CIS (les renseignements malgaches), avec enregistré dans la mémoire de son téléphone une bonne partie des dirigeants des services secrets, quelques membres de la Présidence. Egalement, des documents nommant certaines personnalités comme les commanditaires des jets de grenade de ces dernières semaines, plusieurs diagrammes reliant ces différentes personnes entre elles, et dans le lot, le rédacteur en chef du journal La Gazette de la Grande Ile . Bref, un mélange d'informations et de fantasmes.

L'affaire a éclaté avant hier, et aujourd'hui, on apprend que le CIS nie l'appartenance de cette personne à ses services. Voilà donc le pauvre bougre lâché par son employeur! Gageons qu'il va y avoir du tapage de doigts au CIS!

Tout cela pour dire que cette histoire de pieds nickelés révèle certains traits de la politique malgache. Je ne m'insurgerai pas sur la présence des services secrets dans une assemblée politique (l'Etat serait même coupable de ne pas surveiller les activistes politiques, et n'oublions pas qu'en France, toute manifestation publique et grand rassemblement politique est "couvert" par les Renseignements Généraux), par contre, les amalgames impliquant un patron de presse dans des attentats à la grenade, entre les mains d'un agent secret, cela en dit long sur la paranoïa des dirigeants. Et c'est là tout le danger de Madagascar finalement: Tout est possible et tout est plausible, y compris l'inconcevable. Une malveillance, et vous pouvez être catalogué, y compris par les milieux les mieux informés (je pense ici aux responsables du CIS) comme personne dangereuse. A partir de là, tout peut arriver: Arrestation, interrogatoires (avec des "pressions" plus ou moins légales), enfermement dans des lieux plus ou moins officiels, sans assistance... On m'a raconté le cas d'un vazaha qui a été sauvé de ce type de situation par la présence dans ses affaires personnelles de photos le montrant avec le Président. Son tord, avoir séjourné dans une villa ayant appartenu à l'ancien Président, villa alors en vente à cette époque et dont un agent immobilier ami en avait la gestion. Tout peut aller si vite...

 


http://www.lagazette-dgi.info/index.php?option=com_content&task=view&id=14143&Itemid=30

 

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