Les grands chantiers: Opportunités ou catastrophe?

Publié le par Madagascan

Mise à jour du 4 Décembre 2006:

Dynatec a obtenu son permis environnemental de la part de l'ONE le 1 décembre. Un élément majeur dans la prise de décision de Dynatec concernant le démarrage effectif du projet.



Trois projets miniers sont en cours actuellement à Madagascar:

  1. Le projet Dynatec/Ambatovy, extraction de nickel et cobalt dans la région de Moramanga
  2. Le projet QIT Madagascar, extraction d'ilménite dans la région d'Anosy
  3. Le projet pétrolier, en particulier les forages de Madagascar Oil à Tsimiroro et Bemolanga

Le projet  d'Ambatovy réunit une société canadienne (Dynatec), une société coréenne (koreas) et une société japonaise (Sumimoto) pour mettre sur la table (avec l'aide de banques) 2,5 milliards. Non, pas de FMG. 2,5 milliards USD! A ce prix, ce sont quelques 60.000 tonnes de Nickel et 5.600 tonnes de Cobalt qui seront extraits chaque année sur un chantier de 800 hectares... 3000 emplois directs, 5000 emplois indirects, 125 cadres expatriés. Si le permis environnemental est délivré, Dynatec fait saliver l'Etat avec 53 millions de dollars de rentrées fiscales (pour un budget total de l'Etat de 600 millions de dollars), et un apport au PIB national de 100 millions de dollars... Une paille.  Pour l'instant, nous ne sommes que dans l'annonce, la décision d'investissement interviendra mi-2007.

Le projet QIT Madagascar rassemble la société Rio Tinto et l'Etat malgache (à 20%) dans un autre projet monstre.  750.000 tonnes d'ilménite seront extraites pendant 40 ans, ainsi qu'un peu de Zircon. Rio Tinto prévoit 585 millions de dollars d'investissement, le gouvernement malgache met 35 millions de dollars dans le pot. 15 km de routes sont en construction, un port multi-usage en eau profonde à Ehoala sur une superficie de 450 ha, une carrière de 150 ha et trois points de gisement sur 280 ha. On évalue à environ 600 emplis créés. Début des opérations: 1er trimestre 2008.

Le projet pétrolier, déjà traité sur un autre blog, est à la fois un peu moins bien ficelé et pourtant déjà plus opérationnel. Avec un tour de table de 25 millions de dollars, Madagascar Oil explore sur deux carreaux le sous-sol et a remonté du pétrole bitumeux. Nos amis de Madagascar Oil estiment les réserves à 2,5 milliards de barils d'huile lourde sur le premier gisement et à 3 milliards de tonnes de grès bitumeux sur le second. L'affaire semble relativement bancale risquée, puiqu'un consortium chinois a jetté l'éponge en juin 2006, ne donnant pas suite à la proposition de Madagascar Oil de rentrer dans l'affaire pour... 600 millions de dollars.
Une entrée en bourse a permis de lever 60 millions de dollars, qui sont allés directement rembourser les dettes de la société.
On estime les fonds nécessaires à l'exploitation à plusieurs centaines de millions de dollars . Au crédit de Madagascar Oil, société enregistrée dans le paradis fiscal des Bermudes, le géant canadien de l’énergie Nexen était en septembre 2006 en pourparlers avec Madagascar Oil. Le but étant de prendre 60% de la gigantesque réserve de bitume de Bemolanga. Si l'exploitation se confirme, l’Etat sera le premier bénéficiaire car il touchera entre 52 et 65% des bénéfices. En attendant, sa réserve de devise bénéficie des millions de dollars investis pour l’exploration.

Mais deux grandes questions persistent pour tous ces projets:

  1. Quelles retombées réelles pour l'économie du pays (quels dividendes reversées)
  2. Quelles conséquences écologiques et humaines auront ces grands chantiers

Les exemples de mauvaise gestion pullulent dans le monde, de l'Asie à l'Afrique en passant par l'Amérique Latine, avec leurs lots de catastrophes: naturelles (pollutions...), humaines (taux de mortalité sur les chantiers, maladies générées par les minéraux extraits...), voire politiques (guerres ethnico-religieuses pour le contrôle des richesses). Mais Madagascar peut-elle s'offrir le luxe de rejeter les centaines de millions de dollars que ces activités feront tomber dans les caisses de l'Etat, et donc, espérons le, dans l'assiette des malgaches?

Publié dans Economie

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Aiky 02/12/2006 08:45

Je suis un peu inquietpar l'affirmation du Président de la République malgache concernant le petrole à Bemolanga et Tsimiroro. J'ai entendu dire par un spécialiste qu'il n'y a plus que 11% de chance de trouver du pétrole à Madagascar (je ne parle pas d'huile lourde) et je ne sais pas sion doit être très optimiste avec ce 11% ou rester pessimiste avec les 89%