Nombrilisme blogosphérique

Publié le par Madagascan

Une fois n'est pas coutume, je rédige un billet non pas sur l'actualité "officielle" mais sur l'actualité de la blogosphère malgache.


En Mars 2006, Tattum postait un billet nommé "Femmes de différentes moeurs". Elle y exposait une rencontre et un échange avec deux filles dites "de petite vertue" dans une ville côtière.

Aujourd'hui, l'auteur du blog "Madagascar Tomorrow" publie à son tour un billet sur le même thème, avec un titre qui a le mérite de la clarté :-) "Les côtières c'est toutes des putes et les merina toutes des intellos ?".

Je voulais à l'origine seulement poster un commentaire sur le billet de Madagascar Tomorrow. Mais visiblement, mon message était trop long, et a été bloqué par son site.  Je reproduis donc la réponse que je m'apprêtait à poster. Je vous engage à lire d'abord les billets de Tattum et Madagascar Tomorrow avant d'aller plus loin dans mon billet.
N'hésitez pas à poster vos avis!



"comme je l'ai dit ce n'était qu'un apport de nuances et de point de vue".
Certes, c'est un point de vue différent. Une nuance... moi j'aurai plutôt qualifié ton post de bazooka, de karcher... :-)

Donc, tu dis qu'à la base tu as écrit ce post pour apporter un autre angle de vue au post de Tattum. Mais Tattum n'a jamais dit qu'il n'y avait pas de prostitution à Tanà, et pas de prostitution parmi les Merina! Elle a simplement évoqué une réalité. Elle n'a pas dit non plus que toutes les côtières avaient cette mentalité.

Je pense que la situation qu'a vécu Tattum dans une ville côtière, elle n'aurait pas pu la vivre à Tanà, tout simplement parce que dans sa ville, d'une part on sait éviter les lieux ambigus, et d'autre part il n'y a pas de curiosité de part et d'autre qui puisse générer une discussion.

Ca me fait penser à une discussion que j'ai souvent eu avec des voyageurs, qui disent "moi, en voyage, je cherche l'échange, je  veux connaitre la population" et l'on voit des cadres français, des chefs de service, des employés bac+4, se mettre à discuter avec un pousseur de posy-posy, avec le gardien de la banque, avec le vendeur de rue, alors qu'en France, il ne lui viendrait jamais à l'esprit d'avoir une discussion politique avec un éboueur, poser des questions sur sa vie à l'ouvrier du chantier d'à coté, ou parler philosophie avec la gardienne de son immeuble.

Et bien quand on est dans une ville que l'on ne connait pas, confronté à des personnes à la culture différente, on laisse notre statut social un peu de coté et l'on s'ouvre plus facilement. C'est comme cela que j'explique le post de Tattum.

Ceci dit, il est tout à fait exact de dire qu'il y a de la prostitution à Tanà, et non, ce ne sont pas toutes des filles des côtes, beaucoup sont de l'Imerina.
Les Merina plus intellos? Donnons aux côtiers tout d'abord l'opportunité de poursuivre des études de qualité dans leurs villes, et ensuite d'accéder à des emplois à la hauteur de leurs études dans leurs villes, et on en reparlera. Tout est une question de débouchés. A titre d'exemple, dans quelle(s) ville(s) peut on préparer une expertise comptable?

Publié dans Société

Commenter cet article