Facteurs de blocage

Publié le par Madagascan

Encore une fois, je poste une réflexion personnelle, non pas basée sur l'actualité immédiate (vraiment pas interessante ces derniers jours, pour info, ils arrivent pas à mettre la main sur Pety Rakotoniaina qui est toujours recherché pour détournements de biens, mais ca mérite pas -à mes yeux- un billet).

Du coup, je pousse un petit coup de gueule. Ca fait du bien.

Le sujet? L'immobilisme à Madagascar.

On lit régulièrement dans la presse des articles se préoccupant de ce décollage économique qui tarde à venir.
On y lit beaucoup de choses, souvent justes, comme le problème des coûts des facteurs, pas si favorables malgré un cout salarial faible. On parle souvent des problèmes d'infrastructures qui freinent le développement. On évoque l'environnement juridique trop aléatoire qui fait fuir les investisseurs. On pointe du doigt la frilosité des établissements bancaires qui ne prêtent pas assez. On se lamente que peu d'investisseurs étrangers viennent injecter leurs euros, dollars ou yen (et même si ce sont des roupies, on accepterait) dans l'économie nationale.
Mais à la vérité, le fond du problème, ce sont les mentalités.

Ce qui mine ce pays, c'est l'immobilisme. Personne ne veut bouger. Ni la minorité possédante qui refuse d'envisager la remise en cause de la moindre de leurs prérogatives, ni le peuple empêtré dans des notions de culture ancestrale et de traditions qui freinent le changement.
Je m'explique:
- Améliorer le rendement agricole? Impossible, les cultivateurs refusent d'appliquer les méthodes alternatives de culture du riz, type SRI, car cela va à l'encontre de leurs croyances, et même si ils savent que ca marche, ils se feront mal voir de leurs voisins, et ca, ca tue.
- Mettre en commun les moyens de production, créer des coopératives agricoles? Encore impossible, le paysan malgache tient trop à son indépendance. On n'a jamais vu ca! Ca peut pas marcher.
- Abaisser les barrières douanières? Grands Dieux non! Les entreprises malgaches devraient se mettre aux normes internationales, se mettre à être compétitives!
- Se mettre à exporter? Ah on aimerai bien, mais on n'est pas aux normes et on serait pas compétitifs.
- Créer une industrie de transformation, fabriquer des biens d'équipement? Ah ben non, pourquoi s'embêter à fabriquer alors que ca rapporte plus d'importer tout d'Asie?
- Passer à l'ère du monde des services? Ah oui super! Comment ca, il faut gérer une relation client saine et basée sur du long terme? Mais moi je veux le cash tout de suite!
- Créer une entreprise sur un secteur déjà occupé? Ah non, la concurrence, on n'aime pas ca ici. A tous les coups je vais me retrouver dans les pires emmerdes, avec pressions policières, judiciaires, pilotées par le mec qui fait ce business depuis 30 ans.

Bon alors, quelles seraient les solutions?

Je propose:
- De mettre en place un moratoire sur le respect des normes internationales, et donner 3 ans aux entreprises locales pour se conformer. Passé ces délais, on délivre des autorisations de mise sur le marché basées sur le respect des normes.
- De mener une politique rurale agressive, en formant des villages entiers aux méthodes de culture optimisées, et en imposant à tous les villageois d'adopter ensemble et en même temps les mêmes techniques agricoles. Un fond de garantie leur garantirait un revenu correspondant à la récolte moyenne de leurs 3 dernières années, dans le cas où la récolte serait inférieure à celle des 3 dernières années.
- Très fortement défiscaliser les créations d'entreprise liées à la transformation en produits finis ou semi-finis à destination du marché local et régional.
- De former la jeunesse à la prise de parole contradictoire, de casser le système scolaire trop calqué sur la 3e république francaise, avec l'instituteur tout puissant et l'élève qui écoute religieusement sans pouvoir remettre en cause. Apprendre à cette jeunesse à s'exprimer, à aller à l'encontre des ainés et des traditions.


Bon, on en reparle dans 5 ans, pour les prochaines présidentielles!

Publié dans Economie

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jaosoa antoine 19/03/2007 13:34

je me demande où on va avec ces rigolos au pouvoir

vive la république! 20/12/2006 14:32

avant de former à la prise de parole contradictoire, il faudrait peut être leur apprendre un minimum sur l'écologie, lire, écrire, compter, les méthodes de culture modernes, l'île de madagascar et le reste du monde et bien sur pour cela leur donner des instituteurs (payés)...après on leur apprendra à contredire leur prof ou à lui casser la gueule, voire à bruler les charettes à zébus ...non, là je blague ;-)

Tagila 19/12/2006 12:35

Je ne dirais pas que la concurrence fait peur. Mais il faut rester lucide aussi. Il faut bien démarrer, mais ça ne se fera jamais si les gens ne se sentent pas en confiance. Dans les affaires, l'élément primordial, c'est la confiance. Et ceux qui peuvent établir ou rétablir cette confiance ne font rien dans ce sens.
Quand on se fait "piller" plus souvent qu'à son tour, et que la nécessaire égalité devant les  charges reste une notion "barbare" ..

Madagascan 19/12/2006 11:37

Bonjour TagilaC'est donc toi le point rouge rouge sur la Guyane sur la carte des visiteurs! (dans le menu de droite). Donc, content de voir que l'électricité est revenue chez vous. Pour rebondir sur ton commentaire si juste, ca correspond exactement à ce que je disais: On a peur de la concurrence, et des coups tordus de celui qui est déjà en place ou qui veut récupérer votre idée à son compte. Donc, on ne bouge pas. Et ca arrange tout le monde finalement. Les nantis ne sont pas bousculés, et les autres continuent à se plaindre sans bouger. Je n'ai pas de vraie solution à cela. A part la lutte sans merci contre la corruption. Mais à ce compte, il faudrait mettre en prison toute la classe dirigeante, politique et économique.

Tagila 19/12/2006 01:02

Bonjour
Sur qu'un changement de mentalité est nécessaire pour s'en sortir.
Personne, à mon sens, n'est réfractaire à l'idée d'aller de l'avant. Mais pour se lancer, il faut tout de même un minimum de garanties :
   -  sécurité des biens et des personnes
   -  conditions de concurrence bien définies.
Bonne soirée