L'emprise TIKO

Publié le par Madagascan

Un des sujets persistants de mécontentement de l'opposition politique à Madagascar est l'insatiable appétit de TIKO, société créée par le Président de la République et dont il est toujours actionnaire sans avoir de fonction opérationnelle.

TIKO qui était à la base une société agroalimentaire est devenu un conglomérat englobant des activités dans l'agroalimentaire (TIKO, IKO,..), dans le commerce de gros (MAGRO), dans le BTP (Alma et CCM), dans les médias (MBS radio et TV, Radio Mada, Radio Fahazavana) , dans l'imprimerie (Blueprint). On a longtemps parlé d'une compagnie aérienne TIKO AIR, particulièrement à l'époque où Marc Ravalomanana avait acheté pour le compte de la Présidence un Boeing 737, avion un temps enregistré au nom de "TIKO AIR" en lieu et place de l'Etat Malgache.

Un certain nombre de personnes se plaignent donc régulièrement de l'emprise toujours plus importante du groupe TIKO sur l'économie nationale. Lorsque ALMA remporte un contrat de réfection de routes (de gré à gré il est vrai), on crie au scandale. Lorsque l'Etat fait toutes les misères du monde à Galana (ici et ), on chuchote que TIKO OIL est derrière tout cela. La litanie est sans fin.

Aujourd'hui, Madagascar Tribune nous apprend que la KOBAMA (principale minoterie de Madagascar) s'est vue annuler son contrat de gestion d'un silo à farine sur le port de Toamasina, qui courait jusqu'à Mai 2007. La raison est le non-respect des obligations exigées dans la gestion du silo. Considéré hors normes, ce silo ne serait plus habilité à traiter des produits alimentaires. "Etrangement", TIKO est en train de construire un silo plus important et plus moderne juste à coté.
On attend donc les réactions de l'opposition.

Tout cela me fait repenser à un billet que j'avais rédigé il y a quelques temps, fustigeant l'immobilisme des opérateurs économiques. TIKO est une exception, et investit massivement et régulièrement pour étendre ses activités. C'est une attitude tout à fait en contradiction avec les habitudes locales. D'où les critiques incessantes.
Malgré tout, il est possible que tout ne soit pas complètement blanc pour TIKO. Le développement du groupe est-il dû au dynamisme de son équipe dirigeante ou aux passes-droits octroyés par l'entourage présidentiel? La question reste ouverte.

 


http://www.madagascar-tribune.com/index.php?JOURNAL=1131&ART=22031

 

Publié dans Economie

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