Un an après Maputo

Publié le par Madagascan

Il y a un an, j'écrivais :

"La transition, c’est le bébé de Rajoelina, il en est le président, et si la transition réussit, il en retirera les lauriers principaux. Comment penser que les pro-Ravalomanana voudront participer à ce gouvernement de transition pour en faire un succès?"

Un peu plus d'un an après cet amer constat, alors que l'opinion était en pleine euphorie des accords de Maputo, force est de constater que j'avais malheureusement raison.

Un an après, le parti de Ravalomanana n'est plus que l'ombre de lui-même, déchiré en luttes internes, balloté par des promesses vaines de leur Líder Máximo.

Petit bout par petit bout, l'opposition à Rajoelina rejoint la transition, mais le noyau "dur", lui reste encore arc-bouté sur le principe "tout sauf Rajoelina", au nom du principe que j'exposait il y a un an maintenant. Quelle sera la suite?

La communauté internationale, et la France en premier lieu (au nom des intérêts économiques j'imagine), aspirent à un règlement "rapide" de la crise politique. La médiation internationale a échoué, le nationalisme mal placé de la classe politique malgache ayant fait échoué les tentatives.

La communauté internationale pousse donc désormais à un règlement de l'intérieur via les assises. Si l'organisation n'a pas été parfaite, si des dérapages ont eu lieu, au final la transition commence à rallier de plus en plus de forces politiques, au grand dam de Ravalomanana, Ratsiraka, et Zafy, "débordés par les ailes".

C'est effectivement la bonne stratégie: Isoler les forces les plus hostiles et travailler avec ceux qui veulent bien transiger. D'ailleurs, il y a quelques semaines de cela, les médiateurs n'avaient-ils pas lancé un étonnant "inclusif ne signifie pas exhaustif", indiquant clairement aux récalcitrants que le train allait finalement partir sans eux?

Car enfin, la communauté internationale semble avoir compris qu'à Madagascar, les partis politiques ne représentent qu'eux-même, ou plutôt ne représentent que leur chef. Aucun parti ne peut réellement se prévaloir d'une véritable assise populaire, sauf peut-être l'Arema qui garde encore quelques restes de 20 ans de quasi règne sans partage.

J'encourage donc la communauté internationale à continuer dans cette voie : Travailler avec ceux qui font preuve de bonne volonté, et laisser les autres sur le bord de la route. Dommage que cette prise de risque soit si tardive.

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