Dernière ligne droite?

Publié le par Madagascan

Voici plus de deux ans désormais que Madagascar subit une nouvelle crise politique.

Sous la médiation de la SADC dirigée par le mozambicain Joachim Chissano et son Missi Dominici Leonardo Simão, une feuille de route a été élaborée, et a fait l’objet d’une cérémonie de paraphe le 9 mars par une bonne partie de l’opposition « modérée », et Ô surprise, par la mouvance Ravalomanana. On aurait pu croire que la crise malgache allait enfin prendre fin, mais c’était sans compter la capacité de couper les cheveux en quatre des opposants les plus durs. Paraphe ne vaut pas signature, donc, et la signature de la feuille de route est donc repoussée à une date ultérieure, en principe au 31 mars.

Etant donné qu’il n’y en a pas un pour rattraper l’autre, chaque faction s’est mis en ordre de marche pour faire avancer ses revendications, sans prendre soin de respecter les engagements. Ainsi, Rajoelina a lancé immédiatement la constitution d’un nouveau gouvernement « compatible » feuille de route, en commençant par … nommer son Premier Ministre sortant Camille Vital comme nouveau Premier Ministre. Signe d’ouverture évident que chacun saura apprécier à sa juste valeur (indépendamment des qualités du Général Vital).

Du coté de la mouvance Ravalomanana, fort de leur grande trouvaille « paraphe ne vaut pas signature » permettant de camoufler tant bien que mal un début de sédition en leur sein (les uns signent, les autres pas), la consigne est claire : Interdiction de céder aux sirènes de la Transition. Aucun nom n’a été proposé comme Premier Ministrable, ni comme ministrable. Comme cela c’est clair, la mouvance Ravalomanana s’exclue du processus de Transition organisé par Rajoelina. S’exclure du processus ne les empêche d’ailleurs pas de s’inclure dans les critiques des décisions, on reste sur la touche mais on refait quand même le match. Bizarre. Mais la mouvance Ravalomanana ne s’en tient pas à s’exclure, elle pousse par ailleurs très fort auprès de Joachim Chissano et des membres de la SADC pour les convaincre de modifier encore une fois la feuille de route, qui décidemment ne leur convient pas (et pour cause, la feuille de route prévoit que Marc Ravalomanana ne pourra pas de présenter aux élections). Une intense bataille diplomatique est en marche donc. On a même l’impression que la mouvance Ravalomanana lance ses dernières forces dans la bataille, consciente que leurs dernières cartes se jouent ses prochains jours.

De façon générale, on sent la mouvance Ravalomanana plutôt fébrile, tant au niveau international donc, avec des négociations à tout va avec la Troïka de la SADC (Afrique du Sud, Zambie, et Mozambique), qu’au niveau local, avec les relais d’opinions qui tirent à boulet rouge sur Leonardo Simão (qui selon leurs dires se serait laissé acheter par Rajoelina) et sur… la France, mais ca, c’est une vieille habitude, presque un reflexe pavlovien, auquel il ne faut pas prêter trop attention, tant la ficelle est usée.

Coté Rajoelina, on ne sait pas vraiment quelles sont les actions souterraines. J’ai du mal à imaginer que l’échéance de la fin du mois de mars pour une grande cérémonie de signature de la feuille de route sous organisation SADEC laisse indifférents les TGV. Mais force est de constater que les manœuvres sont bien plus discrètes. Enfin, on a bien vu Abdou Diouf politiser l’Organisation de la Francophonie en entérinant la cérémonie de paraphe du 9 mars. Probablement un ballon-sonde.

Rendez-vous donc le 31 mars, à moins que d’ici-là le gouvernement bis promis par Zafy se mette en place, ou que les rumeurs de renversement du régime HAT ne se réalisent.

 

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Marco 25/03/2011 19:07


Vivement la fin du mois! Joli résumé de la situation. Cjacun en prend pour son grade.